OBJETS Chorégraphiques

Cie Panoptique_Ceci est mon corps

Travaillée par les notions de « (re)présentation, Simulacres, Performance, Société cannibale&Danse », j’oriente ma recherche dans la tentative d’un langage chorégraphique en dehors des figures préexistantes en articulant mon travail autour de trois grands axes : le pré-mouvement, la gravité et l’espace (du corps et de son environnement).
Les questions sont : quelles sont les postures et mécaniques imposées au corps tant d’un point de vue social, artistique et politique ? Comment le corps est-il travaillé, façonné, construit, objectivé ? Est-il uniquement subordonné aux désirs des uns et des autres, n’existant que pour ce qu’il suggère ? Jusqu’où alors va la séduction, la vente, le marchandage de soi ? Est-il une «monnaie-vivante» (Klossowski)? Le corps est-il toujours un mot, une image, un idéal, un lieu d’oubli ou bien un lieu de débordement, un corps désirant, transgresseur de limites, infini (version Bataille, Artaud, Deleuze) ?

Concomitamment, ce langage questionne le lieu d’émergence d’un acte artistique au delà des modes de production et diffusion conventionnels. Je me dirige vers la performance en espace public (rue, jardin, lieux d’art contemporain, usine….) et considère la danse en espace public comme hétérogène parce qu’elle est publique, elle donne à voir ce qui est habituellement caché, elle suppose une conception de la co-présence et de la coexistence, elle varie, elle n’a pas de forme, elle est aléatoire et en proie à des forces composites (dualité de la présentation/représentation ou de la fiction/réalité). Elle est donc un objet d’étude « trans-disciplinaire ».

j’élabore mon travail en me demandant avec quoi il fonctionne, par quelles modalités d’entrées il s’introduit et se métamorphose en même temps, avec quel corps il fait converger les corps, quels écarts historiques, pratiques et politiques il met au travail par les principes de citation, d’inclusion, de réappropriation, d’intertextualité tous champs confondus. Il en résulte une écriture protéiforme, hétérogène et rhizomique, une écriture critique entre l’Histoire culturelle (corps, art, religion, philosophie…) et l’histoire radicale, au sens de particulière et subjective.