SOCIÉTÉ CANNIBALE&DANSE

7b

Le « Corps » et sa performance : sa place, sa/ses définition(s), ses modes d’appropriations et d’existences…une mise en tension avec ce que je nomme « Société cannibale&Danse ». 

Nourrie par différents auteurs tels que Ziegler, Foucault, Deleuze, Baudrillard, Klossowski, Bataille (…et bien d’autres) ainsi que par l’analyse des pratiques de corps (incluant ma propre pratique), il semble que le corps de l’homme se dilue dans la Technique (médicale, technologique…) ; il se dissout, s’auto-abolit, s’auto-digère, s’auto-dévore dans un ensemble péri-humain : dépossédé de sa mémoire, affaibli par le trop peu d’effort, immun-résistant par la surdose médicamenteuse, gavé dans sa chair, frustré dans ses désirs parce que pré-existé toujours, sur tout et tout le temps, bercé dans les bras de « Mère-Machine », et enfin assujetti à une « méta-conscience » (un « sur-moi » sociétal) incarnée dans les caméras qui le scrutent, le surveillent, le contraignent par bienveillance, dit-on. On assiste à un engendrement de cannibalismes de substitutions individuels et collectifs (qu’ils soient marchand, mystique, symbolique…), à une hyper réalité où le vrai en vient à être effacé ou remplacé par les signes de son existence (simulacre), à une « disparition du réel » auquel se substitue une série de simulacres qui ne cessent de s’auto-engendrer.

 « DES PELURES ET DES POMMES », Festival Aurillac août 2011, extraits

Qu’est-ce que ça veut dire « se mettre au travail » ?
Est-ce que toute forme de travail n’est pas dans le fond une forme de prostitution ? Jusqu’où alors va la vente, le marchandage de soi ???
Sommes-nous des « monnaies-vivantes » ? Être une « proie » aux désirs des uns et des autres, n’existant que pour ce qu’elle suggère…?
Au delà des jeux de séduction, il s’agit de questionner notre duplicité entre « refus » et « invite », le caractère pornographique de notre rapport au corps (entre bien et usage) et l’obscénité pornographique de nos sociétés qui convoquent tous les moyens de notre prostitution (consentante, consciente et/ou inconsciente, refoulée et/ou rejetée) et dans le même temps ordonne, sanctionne ce qui est de l’ordre du «  bien » et du «mal ».

« J’ENSEVELIS LES MORTS DANS MON VENTRE », Festival Avignon juillet 2011

SONY DSC

 

SONY DSC