PANOPTIQUE, Histoire(s) de Corps

panoptique2

Le principe architectural du panoptique est le suivant : à la périphérie, un bâtiment en anneau ; au centre une tour ; celle-ci est percée de larges fenêtres qui ouvrent sur la face intérieure de l’anneau. La bâtiment périphérique est divisé en cellules, dont chacune traverse toute l’épaisseur du bâtiment. Ces cellules ont deux fenêtres : l’une, ouverte vers l’intérieur, correspondant aux fenêtres de la tour ; l’autre, donnant sur l’extérieur, permet à la lumière de traverser la cellule de part en part. Il suffit alors de placer un surveillant dans la tour centrale, et dans chaque cellule d’enfermer un fou, un malade, un condamné. Par l’effet du contre-jour, on peut saisir de la tour, se découpant dans la lumière, les petites silhouettes captives dans les cellules de la périphérie, et ce sans qu’elles ne puissent savoir si elles sont surveillées ou pas. Il s’agit là d’une omnipotence du regard, une omniscience invisible inscrivant le pouvoir directement dans les corps : le seul sentiment d’être potentiellement observé impose à l’individu une propre censure. En somme, la pleine lumière et le regard sont les moyens de surveillance, transparence et visibilité.

Le panoptique, ou panoptisme pour reprendre l’expression de Foucault, est la métaphore d’un pouvoir économique et libéral : l’espace social est soumis au regard dans l’idéal d’une visibilité totale sur les comportements et dans l’idéal d’une société transparente à elle-même. Foucault y associe le concept de biopouvoir. La nouveauté que cherche à penser le concept de biopouvoir tient à ce que la vie et le pouvoir se confondent, que le pouvoir devient une fonction régulatrice de la vie collective et s’intègre aux fonctions et aux pratiques les plus intimes des sujets, à la sexualité, à l’alimentation, à l’hygiène, à l’éducation. Il détrousse les modes de productions des corps dans une société donnée.

Ainsi, le travail de la compagnie Panoptique  est centré autour des problématiques du Corps, entre histoire(s) de corps et histoire(s) politique du corps, et de la Performance. Ces axes de travail donne lieu à des propositions d’objets chorégraphiques que l’on peut qualifier de protéiformes, parfois interdisciplinaires et à l’écart de toutes formes spectaculaires.